Résultats de l'Atelier
Vous trouverez sur cette page :
- Les comptes-rendus et conclusions
- La note de cadrage
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I - Comptes-rendus et conclusions (à venir)
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II - Note de cadrage (Concept note)
Les agricultures[1] du monde ont connu ces dernières décennies des évolutions inédites dans l’histoire. La mise en concurrence des systèmes productifs à l'échelle de la planète entraîne des recompositions différenciées tant du point de vue des formes de production que des systèmes techniques avec des impacts différenciés sur les enjeux planétaires globaux. Dans les prochaines années, les agricultures devront contribuer au développement durable, en garantissant l'augmentation de la production des biens agricoles pour faire face à l'accroissement de la population, en améliorant le niveau de vie des populations rurales tout en gérant de manière durable les ressources dans un contexte de renchérissement des énergies (donc des transports et des intrants chimiques) et de changements climatiques.
L’atelier international de Montpellier « Agriculture et défis globaux » tenu du 22 au 24 avril 2008 confirme que les changements actuels des systèmes productifs à l’échelle mondiale sont insuffisamment documentés. La faiblesse des dispositifs de production de connaissances sur les dynamiques des systèmes productifs font que nos représentations collectives de l’évolution des secteurs agricoles et ruraux sont datées. Cette faiblesse est notamment liée à l’insuffisance de mise en perspective entre pratiques locales et enjeux globaux.
- Les acteurs concernés par les politiques publiques sont diversement associés à la définition des modalités de production des informations pertinentes pour l’action, et ne peuvent en conséquence mobiliser ces connaissances dans leur quotidien. Parallèlement, les utilisateurs des dispositifs d’observation disposent de données agrégées, obtenues généralement à des échelles qui ne sont pas toujours pertinentes par rapport à la manière dont les enjeux et les contradictions du développement durable sont perçues au niveau local. La définition, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques ont alors de fortes chances de ne pas répondre aux attentes des acteurs.
- Les critères d’appréciation des performances des systèmes productifs agroalimentaires sont encore trop marqués par les approches productivistes et sectorielles, et ne prennent pas assez en compte leurs impacts en termes d’équité et de gestion durable des ressources naturelles. Ces critères permettent difficilement de faire les liens entre secteurs ou encore de mesurer les conséquences des évolutions en cours à un autre niveau d’organisation
Le déficit de production et de gestion de l’information disponible et de réflexion sur le sens et l’usage de l’information à différentes échelles territoriales pose un problème de gouvernance entre les cadres normatifs d’orientation des politiques publiques et les stratégies des acteurs au niveau local.
Pour répondre à ces déficits, l’Observatoire des Agricultures du Monde a pour finalité de constituer un espace d'une part de production et d’accumulation de connaissances utiles à l’action des acteurs à différentes échelles, du local au global, et, d'autre part, d’échanges, de réflexion et de débats sur la contribution des diverses formes d’organisation des agricultures (dans leur diversité géographique et sociale) aux enjeux globaux du développement durable.
Dans cette perspective, l’OAM a deux objectifs complémentaires :
- Eclairer les acteurs et le débat public sur les grands enjeux du développement durable dans l’agriculture. Il s’agit de répondre aux questions globales par une intelligence des dynamiques locales (mise en perspective par une approche comparative), permettant une autre lecture des transformations de l’agriculture.
- Permettre à des acteurs divers (par leur métier, leur origine, les niveaux de décision dans lesquels ils sont impliqués) de confronter leur perception et d’enrichir leurs compréhensions des dynamiques en jeu, dans une relation itérative entre production de connaissance et changement des rapports sociaux.
L’atelier a retenu trois fonctions complémentaires de l’OAM pour structurer les actions à entreprendre :
1. Une fonction de mise en synergie des acteurs régionaux et internationaux dans les dimensions technique et méthodologique de la construction d’observatoires et de leur mise en réseau
Cette fonction se fonde sur le principe que la construction des dynamiques régionales et la construction d’une dynamique internationale devront se faire de manière coordonnée et s’enrichir mutuellement tant sur le plan des méthodes que des dynamiques de changement mises en comparaison. Elle consisterait principalement à :
- réaliser les échanges méthodologiques (soit autour de la production et de l’utilisation des connaissances, soit autour de questions permettant de structurer et renforcer les compétences) ;
- mettre en place des formations communes ;
- réfléchir et créer les conditions d’une mise en comparaison internationale des performances et des dynamiques des systèmes productifs agricoles et alimentaires ;
- créer un site web ;
- organiser des séminaires et colloques afin de diffuser les informations produites.
2. Une fonction de renseignement et d’analyse de thèmes transversaux identifiés comme majeurs à l’échelle globale
L’atelier a retenu les thèmes suivants afin d’articuler les dynamiques locales aux enjeux globaux, d’intéresser/impliquer les différents partenaires, de développer une capacité d’analyse et de prospective ainsi qu’une réflexion sur l’articulation entre observation, analyse et action.
- Recomposition des agricultures et rénovation des catégories d’analyse avec comme perspective contextuelle les conditions de l’insertion internationale des agricultures.
- Les performances des systèmes d’activités face aux enjeux globaux (échelles, critères, indicateurs) avec comme perspective de réfléchir aux termes de l’action publique et à l’impact des politiques publiques sur le développement durable.
- Les rôles des macro-acteurs (firmes agro-alimentaires, ONG), régulations sectorielles et territoriales et les politiques publiques.
Il s’agit de mobiliser les membres du réseau autour de questions d’actualité (problèmes émergents, évaluation de politiques publiques), dans le cadre d’un forum ouvert à tous les partenaires.
3. Activités proposées
Les trois fonctions qui structurent l’OAM se traduiront, lors d’une phase expérimentale d’une année, en trois grands types d’activités qui seront menées de manière concomitante et complémentaire : l’analyse des expériences existantes en termes de dispositifs d’information sur l’agriculture et le rural, la mise en réseau d’observatoires déjà existants, la création de nouveaux observatoires et un début de mise en observation des thèmes transversaux.
Cette phase expérimentale s’achèvera par la tenue d’un séminaire OAM en 2009 permettant de faire le bilan des différentes activités et de programmer la phase suivante.
3.1. Création d’observatoires
Cette activité consistera à développer des travaux de construction méthodologique et thématique (échange d’information) en appui à des dynamiques nouvelles d’observatoire. Ce type d’activité sera nécessairement limité à échéance d’un an mais il semble important que les dynamiques régionales puissent être soutenues par l’ensemble des acteurs intéressés quelle que soit leur situation (une expertise ouest africaine pourrait peut être utile dans certaines situations en Amérique Latine et réciproquement).
Chaque chantier expérimental s’organisera autour de porteurs et définira son mode de fonctionnement. Ainsi, les porteurs et partenaires des chantiers expérimentaux auront pour rôle de :
- Réaliser l’inventaire des dispositifs et / ou observatoires existants et des possibilités d’articulation, pour identifier les partenariats. Il s’agira de mettre en évidence l’articulation ou la dissociation entre niveaux d’observation, d’analyse et d’action, et entre des dispositifs sectoriels ou thématiques.
- Au niveau des localités retenues : réaliser des diagnostics partagés afin d’identifier les problématiques à traiter en priorité, objets et méthodes d’observation.
- Etablir un cahier des charges et un programme de travail.
- Définir les produits attendus : revues d’expériences, modules de formation, monographies, séminaire régional…
- Identifier l’organisation et les financements.
Durant l'atelier, certains partenaires se sont désignés volontaires pour porter l’organisation d’observatoires dans le cadre de tels réseaux :
- Amérique centrale / REDEAR - IICA
- Mercosur / COPROFAM - CPDA - Observatorio do Agronegocio
- Afrique de l’Ouest (impact de la libéralisation sur les agricultures familiales) IPAR / Club du Sahel
- Asie du Sud Est (Viêt-Nam…) et systèmes irrigués
- Europe (RMT OAAT)
D'autres initiatives sont bien sûr envisageables.
3.2. La mise en réseau d’observatoires existants
La mise en réseau des observatoires existants permettra, outre un échange d’expériences, de définir la plus-value d’un observatoire des agricultures du monde en termes d’analyses et de méthodes d’observations.
Dans ce cadre, des services s’organiseront autour du site de l’OAM :
- mise en ligne de tous les produits et des réflexions
- une base de données sur les observatoires du réseau
- une base de connaissances sur les agricultures du monde
- une information sur toutes les activités
- un forum permettant d’alimenter la fonction d’alerte
L'enjeu est de réussir à organiser cet appui grâce à des échanges d'expériences entre les différents partenaires dans une perspective d'expertise collective, non centralisée.
3.3. Analyse de thématiques transversales
Durant cette première année, les porteurs de projets de chacun des trois thèmes transversaux et les groupes de travail qu'ils animeront auront à charge de définir la faisabilité de la mise en observation. Pour cela, il leur reviendra de :
- définir la problématique
- préciser les questions scientifiques et pragmatiques en fonction des contextes et des enjeux
- réaliser un état de l’art
- mettre au point une méthodologie pour traiter les questions
- définir des groupes de travail et un calendrier
- organiser les échanges d’information entre dispositifs d’observation (forum, atelier)
- trouver des financements
Concernant les thèmes 1 et 2, le CIRAD dans le cadre d'un projet de recherche (Action Thématique Programmée) organise un atelier méthodologique les 30 juin, 1er et 2 juillet 2008. Cet atelier doit permettre de soumettre un projet de recherche débouchant sur une action de recherche ciblée sur ces thèmes pendant une durée de 3 ans. Cet atelier sera ouvert aux partenaires intéressés qui souhaitent s’impliquer dans l’élaboration (et la mise en œuvre) du projet de recherche.Ce projet de recherche est destiné à soutenir au plan scientifique et méthodologique la dynamique de structuration de l’initiative OAM.
Le comité provisoire de suivi
Dans la phase expérimentale, conformément aux délibérations de l'atelier, un comité provisoire de suivi a été constitué par une partie des participants à l’atelier. Il est proposé d’élargir la durée de ses compétences et responsabilités à la première année de fonctionnement.
Le comité d'organisation du colloque prend actuellement les contacts nécessaires à une proposition finalisée pour la fin juin.
Le comité aura pour tâche d'orienter et d'approuver les actions structurantes et de penser l'avenir. Il accompagnera les activités, les évaluera et proposera des perspectives d'actions à discuter lors du séminaire de fin de phase expérimentale.
Le comité proposera également un dispositif de gouvernance à mettre en œuvre à l'issue de la phase expérimentale et pour garantir une représentation équilibrée entre les différents partenaires. Une réflexion sur la possibilité de mise en œuvre de structures pour l’OAM de type fondation sera envisagée.
Un secrétariat exécutif
Pour mener ces activités, le comité provisoire de suivi mandatera un secrétariat exécutif, constitué de quelques cadres mis à disposition du projet pour l'année par certains membres. Ici aussi, la pluralité des origines des contributions sera recherchée et ces moyens dépendront de contributions d'autres partenaires.
Une des tâches principales de ce secrétariat, outre contribuer à l'animation des activités structurantes par l'organisation des ateliers méthodologiques, sera de mobiliser des financements nécessaires à la phase 2.
Le comité scientifique
Le comité provisoire de suivi s'appuiera sur l'expertise du comité scientifique qui se réunira en mars 2009 pour traiter des questions soulevés. Des propositions d’élargissement du comité scientifique seront faites par le comité provisoire. Pour garantir la cohérence entre le comité provisoire et le comité scientifique, il est proposé que la présidence de ces deux instances soit commune lors de l'année expérimentale et soit confiée à Bertrand Hervieu pour garantir la continuité des actions entreprises.
Un budget pour le fonctionnement du secrétariat exécutif permettra d’assurer le processus de coordination des observatoires et d’aider à la recherche de financements des chantiers expérimentaux, qui devront être autonomes pour garantir leur pérennité
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[1] A prendre au sens large du terme, en y incluant les productions animales, l’aquaculture et l’agroforesterie.
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